Drapeau UE dangerNouvelles menaces sur notre passion
Lors d’une manifestation qui s’est déroulée les 18 et 19 novembre à Bruxelles, le premier vice-Président FFA, Robert Allgayer, a pu rencontrer un aquariophile passionné, titulaire du précieux sésame de « lobbyiste », lui permettant d’assister aux travaux des commissions de l'Union européenne. Et les informations qui nous ont été rapportées sont très inquiétantes.

A noter que lors de cette manifestation, Yvan Detry, Président de l’ICAIF, nous a également mis en contact avec un membre de la commission des espèces envahissantes au sein de l’Union Européenne qui s'est déclaré, au sujet de ce problème, contre l'établissement de listes génériques, préférant les listes spécifiques (voir "Channas, espèces invasives ?").

Vous comprendrez les raisons qui nous incitent à ne pas divulguer l’identité de ces deux personnes.

Ces rencontres nous ont permis d'être alertés sur le travail actuel d’une commission consacrée à la détention des animaux non domestiques, plus précisément des oiseaux, reptiles, invertébrés et poissons, à la demande de grandes organisations telles WWF, Greenpeace, groupuscules végans …
Il va sans dire que ces organisations ne sont pas franchement en faveur des éleveurs de loisirs que nous sommes. Notre interlocuteur précise d’ailleurs que l’on utilise les prétextes les plus fallacieux pour qu’il ne puisse assister aux réunions (manque de place alors que la salle est au ¾ vide etc. etc.).

Le but de cette commission serait d’établir, en toute discrétion, des listes positives qui seront présentées aux votes des élus européens en 2020.

Pour rappel, une liste positive ne mentionne que les animaux pouvant être détenus. Et dans les listes actuellement étudiées, la commission ne souhaiterait inclure, pour les poissons tout au moins, que des « variétés d’élevage » (la liste « reptiles » serait pratiquement terminée).

A terme, et si cette proposition passe, nous ne devrions plus trouver, dans le commerce aquariophile, que des variétés dont le phénotype n’aura plus rien voir avec le sauvage : formes voiles, dyschromisme, dysmorphisme etc. Il est certain que de nombreuses espèces disparaîtront de nos aquariums car même si certains éleveurs conserveront quelques reproducteurs sauvages acquis avant la réglementation, le matériel génétique finira immanquablement par s’affaiblir.
Encore faudra-t-il que le législateur autorise la reproduction des espèces sauvages détenues avant l’entrée en vigueur de la loi car, dans l’impossibilité de « pucer » les poissons, qui pourra affirmer que tel spécimen est issu d’une reproduction légale avec des parents, grands-parents … acquis légalement avant la publication de la loi ou qu'il a été importé illégalement ?

Il est évident que nous ne refusons pas les formes d'élevage qui témoignent du savoir faire des éleveurs amateurs avec des résultats souvent très intéressants, quelquefois somptueux. Mais à côté de ces "sélectionneurs", il existe également des éleveurs tout aussi compétents qui désirent conserver les formes originelles.

L’arrêt de l’importation d’espèces sauvages aura également comme conséquence la quasi disparition de l’aquariophilie marine dont peu d’espèces sont reproduites et la probable apparition d'un marché parallèle, tant en eau douce qu'en eau de mer.

En conclusion, si les propositions de la commission sont réelles et acceptées, il faut s’attendre à ne plus voir dans nos bacs, d’ici quelques années, que des espèces dont le phénotype n’aura absolument plus rien à voir avec le phénotype sauvage.

Ceci, nous ne pouvons l'accepter et TOUS les aquariophiles doivent, dès maintenant, faire entendre leur voix.

La Fédération va, bien évidemment, monter au créneau. Nous allons contacter toutes les organisations d’éleveurs amateurs, tous animaux confondus, mais aussi les organisations professionnelles(Prodaf, OFI …), alerter les parlementaires nationaux et européens …

Mais au niveau de notre activité, nous lançons de nouveau un appel pour que TOUS les aquariophiles comprennent que c’est l’avenir de notre passion qui est en jeu, quelle que soit leur spécialisation.

Encore une fois, nous ne pourrons nous faire entendre, tant au niveau national qu’au niveau international, que si nous intervenons en masse.

Aujourd’hui, les aquariophiles doivent oublier leurs querelles régionales, leurs querelles de personnes, leur spécificité … pour combattre, tous ensembles, les décisions qu’une commission européenne est en train de mettre en place sous la pression de lobbies extrêmement puissants qui n’ont qu’un but : abolir purement et simplement la détention d’animaux non domestiques voire, pour certains, la simple possession d’animaux, qu’ils soient ou non domestiques.

L’aquariophilie est en danger. Aux aquariophiles de prouver qu’ils sont capables de la défendre.