PK indonesieCITES : la saga de Pterapogon kauderni
La «Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction» (CITES) a tenu la 30è réunion du Comité des animaux, à Genève, du 16 au 21 juillet 2018. Pterapogon kauderni, espèce endémique indonésienne était de nouveau sur la sellette.

Déjà en 2007, les USA demandaient l'inscription de cette espèce à l'annexe 2 de la CITES, proposition retirée en l'absence de soutien de l'Indonésie. En 2016, l'Union Européenne fait la même demande. Elle est de nouveau rejetée.

On peut d'ailleurs se demander si des pays aussi éloignés de l'aire de répartition de cette espèce sont habilités à faire une telle demande et en ont les connaissances nécessaires, à moins qu'ils n'aient agi, là encore, sous la pression de certains lobbies.

Lors de cette dernière session, l'Indonésie devait remettre un rapport concernant la mise en œuvre des mesures de conservation et de gestion destinées à assurer la durabilité du commerce international de P. kauderni (https://cites.org/sites/default/files/fra/com/ac/30/F-AC30-21-02.pdf)

Le Comité pour les animaux de cette 30è session CITES a conclu que :
"L'Indonésie est encouragée à poursuivre ses mesures de conservation et de gestion pour assurer la durabilité du commerce international de Pterapogon kauderni et est invitée à faire un rapport sur ces mesures, en particulier sur la mise en œuvre des recommandations adoptées par le Comité pour les animaux à sa 30è réunion."

P. kauderni n'est donc pas inscrit sur l'annexe 2 de la CITES et ne pourra éventuellement l'être que lors de la 31è session, en 2020.

Aujourd'hui, à la lecture du rapport, il est clair que l'Indonésie gère correctement la protection et la commercialisation de l'espèce.
On notera notamment la création d'une aire marine protégée (AMP) de près de 870.000 ha avec une première zone où l'accès et les prélèvements sont strictement interdits, une seconde zone ou la pêche est limitée et réglementée et une troisième zone où le prélèvement est interdit et le tourisme réglementé.
En complément de cet AMP, l'Indonésie envisage la création de zones de protection où le prélèvement et le commerce ne seraient autorisés qu'à certaines périodes.
Par ailleurs, la pêche est interdite pendant la période de reproduction.
P. kauderni fait également l'objet d'un élevage aquacole et, en 2017, 3.000 spécimens ont ainsi été relâchés.